Edito : La Russie, le rouble peut-il menacer l’économie ?

La Russie est confrontée à une crise monétaire de grande ampleur. Le rouble a perdu la moitié de sa valeur en quelques mois. Au départ, les autorités russes ont trouvé avantage dans la dépréciation de la monnaie afin de compenser la chute du prix du baril. Mais, les fuites de capitaux accélérées par le conflit avec l’Ukraine et les sanctions et l’inflation importée ont provoqué une accélération de la chute. La croissance s’est tarie cette année et devrait avoisiner 0,4 %. Une récession est possible en 2015.

Face à un mouvement de défiance vis-à-vis du rouble et face à des mouvements spéculatifs, les autorités russes ont été contraints de porter les taux d’intérêt à 17 % ce qui évidemment freinera fortement l’activité. Par ailleurs, l’embargo et la baisse du rouble rendent difficile l’accès aux dollars ou aux euros ce qui pénalise les investissements et les échanges.

Au niveau financier, la Russie dispose encore de plus de 350 milliards d’euros de réserves lui permettant de lutter un temps contre les mouvements spéculatifs. Par ailleurs, le Gouvernement pourrait être tenté par l’instauration d’un contrôle des changes.

La Russie doit faire face à un baril du pétrole en chute libre qui est passé de 110 à 60 dollars sur l’année. Il est admis que pour équilibrer leurs dépenses publiques il faut un baril autour de 70 dollars. Certes, la dépréciation du rouble permet de compenser la perte de valeur du baril. Il ne devrait pas y avoir trop d’effet en matière de recettes fiscales. En outre, le budget était jusqu’à maintenant à l’équilibre et la dette publique était réduite.

Le problème numéro est d’éviter l’emballement et un blocage complet des relations économiques et financières du pays. C’est pour cela que le gouvernement hésite à recourir au contrôle des changes.

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12 2014