Edito : L’impôt sur le revenu au coeur de la guerre de mouvement fiscal du Gouvernement

Le Gouvernement à défaut de pouvoir réduire le déficit public s’est lancé dans une guerre de mouvement fiscal. Oubliée l’idée de réformer l’impôt sur le revenu comment l’avait imaginé Jean-Marc Ayrault, le temps est aux modifications au fil de l’eau. Le plan Valls vise à supprimer la première tranche du barème de l’IR, celle à 5,5 % et à redessiner les suivantes afin d’éviter des effets de seuil. 9 millions sur les 19 millions de l’IR devraient bénéficier d’un allègement. Plusieurs millions devraient être exonérés. Après des années d’alourdissement de l’IR et d’accroissement du nombre de redevables, il s’agit d’un changement de direction. Il n’est pas certain que l’IR y gagne en efficacité et en transparence. Il aurait été plus logique de s’attaquer à son assiette en l’élargissant, en la simplifiant tout en réduisant les taux du barème avec un effort plus élevé sur les premières tranches. De même, il est regrettable qu’une fois de plus le prélèvement à la source soit abandonné. En effet, le décalage d’un an est préjudiciable aux contribuables qui sont confrontés à des variations importantes de revenus. Les demandeurs d’emploi sont les premières victimes de ce décalage. Les socialistes avaient souhaité déconjugaliser le barème de l’IR afin d’assurer une plus grande égalité de traitement entre les revenus de l’homme et de la femme. Cette promesse a été également oubliée. Une fois de plus, l’impôt sur le revenu dont les fondements en vigueur ont plus de 50 ans aurait mérité une réelle modernisation…

17

09 2014